Préface des éditeurs

En raison de la globalisation qui caractérise notre époque, de très nombreux phénomènes et défis ne s’arrêtent pas aux frontières nationales : les marchan-dises, les personnes, les services et les capitaux, les idées et les modes aussi, les nouvelles technologies circulent. Cependant, même si tous les Etats du globe font partie de la « communauté internationale », leur appartenance à un continent donné et la proximité physique des partenaires déterminent inévitablement l’inten-sité de ces relations et de ces communications ; et à l’intérieur d’un pays, les zones frontalières se trouvent dans une situation d’interdépendance et d’échan-ges particulière vis-à-vis de leur voisinage immédiat.

 

L’Europe ceci, l’Europe cela : peu de termes paraissent aussi souvent dans les analyses économiques ou les commentaires politiques de notre époque. Mais que signifie au juste ce terme d’Europe ? Comment notre continent s’est-il développé au cours de la seconde moitié du XXe siècle ? Comment fonctionne l’Union européenne d’aujourd’hui ? Quelle est la nature et l’évolution des liens de dépendance et de coopération qui lient la Suisse à ce projet ?

 

Autant de questions que le citoyen est amené à se poser et auxquelles il attend des réponses sous forme d’informations à la fois précises et faciles à assimiler sur les acteurs, les institutions, les instruments, associées à  quelques chiffres aussi ; mais surtout il a un besoin évident de comprendre. En Suisse, le vote du peuple et des cantons du 9 février 2014 sur l’initiative « contre l’immi-gration de masse » a rouvert un vaste débat ; la problématique monétaire – le « franc fort » ! – ou encore la place de la Suisse face à l’afflux de réfugiés de zones extra-européennes, tous ces développements récents ne font que souligner cette nécessité de comprendre ; la démocratie semi-directe, telle que la pratique la Suisse, ne saurait fonctionner sans des citoyens bien informés !

 

Nous sommes heureux d’avoir pu convaincre l’ambassadeur Bénédict de Tscharner, ancien chef de la Mission suisse auprès des Communautés euro-péennes à Bruxelles (cf. notice biographique à la fin de ce volume), de s’atteler à la rédaction d’un tel manuel. Le 24 juin 2015 nous avons présenté au lecteur germanophone le « Basler Europa-Brevier. Wie viel Europa braucht die Schweiz ? Wie viel Regio braucht Basel ? ».

 

 

 

 

 

Très vite, la question s’est posée d’une version en langue française suivant la même conception de base que la version « bâloise », conception due à Paul Aenishaenslin ; cette édition a été complétée par un chapitre sur la coopération transfrontalière avec les zones limitrophes de la France, notamment celle qui con-cerne le Grand Genève, le Bassin lémanique et l’Arc jurassien. Nous tenons à remercier tout particulièrement les membres du think tank foraus, pour leur collaboration à la réalisation de ce projet.

Le chapitre « bâlois » fait également partie de cette édition en française et nous examinons la question de savoir s’il serait possible de publier une version en langue italienne comportant un chapitre sur la coopération régionale entre le Tessin et les régions limitrophes de la Lombardie (Regio Insubrica). Et si, un jour, une nouvelle édition en langue allemande – la politique européenne est en constante évolution ! – pouvait être mise sur le métier, elle devrait aussi évoquer la coopération dans le bassin du lac de Constance.

 

Nous souhaitons bonne lecture aux lecteurs et les invitons à nous faire part de leurs remarques et suggestions.

 

Paul Aenishaenslin

Hans Rudolf Bachmann

Raymond Lorétan

 

Bâle / Genève, fin décembre 2015